À première vue, on pense visiter un château du Val de Loire. Puis on tombe sur un potager qui ressemble à un feu d’artifice de couleurs. À La Bourdaisière, le vrai choc vient du jardin. Entre 780 variétés de tomates, 400 variétés de dahlias et un parc de 55 hectares, le lieu a tout d’un petit monde à part.
Un château qui surprend dès les premiers pas
Le château de la Bourdaisière se trouve à Montlouis-sur-Loire, en Indre-et-Loire. C’est un ancien château de la Renaissance, construit vers 1520, avec une histoire marquée par plusieurs transformations. Il a gardé une seule tour médiévale de son origine. Le reste a évolué au fil du temps, jusqu’à devenir aussi un hôtel.
Mais ce qui marque le plus, ce n’est pas seulement la pierre. C’est l’esprit du lieu. Ici, on ne visite pas un château figé. On entre dans un espace vivant, cultivé, presque joyeux, où chaque détour réserve une surprise.
Le conservatoire de la tomate, une vraie curiosité française
La grande fierté de La Bourdaisière, c’est son Conservatoire national de la tomate. Créé en 1998, il rassemble près de 780 variétés anciennes. Oui, 780. Rien que ce chiffre donne le vertige.
Les tomates y prennent toutes les formes. Certaines sont rondes et sages. D’autres sont allongées, marbrées, jaunes, vertes ou presque noires. On y voit des fruits qui ressemblent à des bijoux de marché. Et surtout, on comprend que la tomate n’est pas un simple légume du quotidien. C’est un patrimoine vivant.
Cette collection a une vraie valeur. Elle montre la richesse des goûts, des couleurs et des usages. Elle rappelle aussi qu’avant les tomates calibrées des supermarchés, il existait déjà une incroyable diversité. La visite devient alors plus qu’une promenade. Elle ressemble à une leçon simple et fascinante.
Le prince jardinier, un propriétaire pas comme les autres
Derrière ce projet, il y a le prince Louis Albert de Broglie. Propriétaire du domaine depuis 1991, il aime se présenter comme un homme de jardins, de culture et de transmission. On le surnomme d’ailleurs le Prince jardinier.
Son idée est claire. Faire des jardins nourriciers, utiles et beaux à la fois. Cela change tout. Au lieu d’un parc décoratif sans âme, on découvre un lieu qui nourrit la curiosité, le regard et même l’envie de jardiner chez soi. C’est simple, mais très fort.
Il a aussi lancé d’autres projets autour du vivant, comme le Conservatoire du Dahlia et des initiatives liées à l’agroécologie. Le message est limpide. Jardiner, ce n’est pas seulement planter. C’est aussi préserver, partager et inventer.
Un parc de 55 hectares qui donne envie de ralentir
La Bourdaisière ne se limite pas au potager. Le domaine s’étend sur 55 hectares de parc arboré. La promenade y est douce et variée. On croise des séquoias, des cyprès de Lambert et d’autres essences remarquables.
Parmi les points à ne pas manquer, il y a l’allée italienne, la broderie de buis en fleur de lys et une porte attribuée à Léonard de Vinci. Ces détails donnent au lieu un charme discret. On avance sans se presser. Et c’est justement là que le plaisir commence.
Le jardin de dahlias, avec ses 400 variétés, attire aussi beaucoup le regard. Leurs formes et leurs couleurs créent un effet presque théâtral. À l’arrière du potager, le Dahlia Color, dessiné par le paysagiste Louis Benech, ajoute une touche contemporaine. Le contraste avec le château est très réussi.
Que voir sur place pour ne rien rater
Si vous prévoyez une visite, mieux vaut garder un peu d’énergie pour tout voir. Le site a plusieurs espaces qui se complètent bien. Certains sont calmes, d’autres plus spectaculaires. Ensemble, ils forment une visite très équilibrée.
- Le potager clos du 19ᵉ siècle, dédié à la tomate
- Le conservatoire de la tomate, avec ses centaines de variétés
- Le jardin de dahlias, haut en couleur
- Le verger ancien, plus discret mais très agréable
- La collection de plantes médicinales, utile et intéressante
- Le parc arboré, idéal pour marcher et respirer
Une sortie idéale en famille ou entre amis
Ce qui plaît beaucoup à La Bourdaisière, c’est son côté accessible. Les enfants s’émerveillent devant les tomates aux formes bizarres et les fleurs géantes. Les adultes, eux, apprécient l’histoire du château et la beauté du parc. Chacun y trouve quelque chose.
Il y a aussi une vraie dimension sensorielle. On regarde, on sent, on compare. Une tomate n’en ressemble jamais vraiment à une autre. Un dahlia peut sembler doux ou spectaculaire selon la lumière. Ce genre de visite laisse des images en tête longtemps après le départ.
Et puis il y a cette impression rare de visiter un lieu qui ne triche pas. Rien n’est trop lisse. Tout parle du vivant, avec ses différences, ses saisons et ses surprises.
Infos pratiques pour préparer votre visite
Le château-hôtel de la Bourdaisière se situe au 25, rue de La Bourdaisière, 37270 Montlouis-sur-Loire. Les jardins sont ouverts au public une grande partie de l’année, mais les horaires changent selon la saison.
Du 7 avril au 31 mai et du 1er octobre au 2 novembre, les jardins sont ouverts de 11 h à 18 h. Du 1er juin au 30 septembre, l’ouverture se fait de 10 h à 19 h. Le tarif adulte est de 12 €.
En bref, si vous aimez les lieux qui allient histoire, beauté et curiosité, ce château mérite vraiment le détour. On y vient pour une tomate ou une fleur. On repart souvent avec bien plus que cela.










